Jean-Luc FUGIT
Député du Rhône (11ème circonscription)

Sérézin-du-Rhône / Ampuis - Discours commémoration du 08 mai 1945

Activité en circonscription

 Jean-Luc FUGIT – Député du Rhône

Commémoration du 8 mai 1945

Discours prononcé à Sérézin-du-Rhône et Ampuis le 8 mai 2021

 

Si nous sommes aujourd’hui réunis en petit comité - situation sanitaire oblige - je tiens à saluer l’ensemble des partenaires qui se réunissent habituellement en cette occasion.

 

Madame / Monsieur le Maire,

Mesdames, Messieurs les élus,

Messieurs les anciens combattants,

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les élus et représentants des corps constitués,

Mesdames, messieurs les Présidents et responsables d’associations,

Mesdames et Messieurs, mes chers concitoyens,

Chers enfants du conseil municipal des enfants,

 

Aujourd’hui, 8 mai 2021, nous commémorons la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et par le même temps la libération de la France des forces de l’Axe, symbolisée par la capitulation de l’Allemagne nazie, qui en ratifiant sa reddition, signait aussi la chute de son idéologie barbare.

Il y a 76 ans, s’écrivait le dénouement du conflit le plus meurtrier de l’Histoire, qui aura coûté la vie à près de 60 millions de personnes et laissé beaucoup plus de familles déchirées.

Cette guerre, la France en a payé le prix.

Après avoir essuyé une humiliation en 1940, elle sombrera dans un régime placé sous le signe de l’autoritarisme, l’aliénation et la peur.

Sur ces 6 années de guerre, la France déplorera près de 600 000 morts civils, environ 2% de la population française de 1939.

Ces morts ce sont des mères, des pères, des cousins, des fils, des filles, des amis.

Ces morts ce sont aussi des résistants, tombés par milliers pour défendre les valeurs de la République et la liberté.

Parce qu'ils étaient la cible désignée d’une idéologie mortifère, parce qu’ils avaient des idées contraires au système politique de l'époque, parce qu'ils croyaient en des valeurs qui leur semblaient justes, parce qu'ils résistaient pour leur pays, de nombreuses personnes furent pourchassées, déportées et exterminées dans d'atroces souffrances.

 

En ce jour de commémoration, nous pensons à toutes les personnes ayant données leur vie pour la liberté.

 

Nous pensons au Général de Gaulle et à tous les combattants qui permirent d'être au rendez-vous de la victoire.

Nous pensons aux Français libres et aux Résistants de l'intérieur, aux déportés, aux prisonniers et blessés de guerre, aux veuves et orphelins, à nos compatriotes contraints au travail forcé en pays ennemis, aux soldats des pays alliés engagés à nos côtés dans ce combat pour notre liberté.

 

Le 8 mai 1945 n’est pas qu’une fin, c’est aussi le début de la construction d’un monde meilleur. Un monde où tous les pays vivraient en harmonie, et règleraient leurs conflits par la diplomatie et non par les armes.

C’est dans cet idéal que les pays de l’Europe se sont rassemblés pour s’entraider à reconstruire le continent, ravagé par deux guerres des plus meurtrières.

« Plus jamais ça ». Ces trois mots ont raisonné plus fort que jamais à la fin de la guerre et raisonnent encore aujourd'hui. 

C''est pour ne plus reproduire les erreurs du passé que certains pays ont décidé de se réunir et s'allier pour créer la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, première étape de ce qui formera quelques années plus tard l'Union Européenne.

Sans leur énergie et leur engagement, cet espace de paix et de stabilité que nous considérons aujourd’hui comme une évidence n'existerait pas.

 

Demain 9 mai nous célébrerons la journée de l’Europe. Ce n’est pas un hasard car la construction européenne est en quelque sorte la fille du 08 mai 1945.

Le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit, le respect des droits de l’Homme et la paix sont les valeurs principales défendus par l'Europe.

 

En cette période de grands changements et de grands bouleversements, il est plus important que jamais de rester unis pour les préserver.

 

Aujourd’hui, nous nous souvenons de nos aînés et honorons leur mémoire, pour que plus jamais ne se répètent de telles atrocités.

« Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine » écrivait Aragon. A défaut d'un tel outil, utilisons l’arme qui est à notre portée : la transmission de la mémoire.

Car le devoir de mémoire, c’est la condition pour que vive en nous l’esprit de Paix.

Mais cette paix est fragile, nous le savons bien.

Transmettons avec conviction aux générations futures les valeurs de liberté et de courage de ceux qui, au cours de ce conflit, ont fait honneur à notre pays.

 

Le patriotisme est une force, le nationalisme est une menace.

Sa résurgence en Europe fragilise cet héritage.

Si l’identité a besoin d’altérité, le rejet de l’autre n’a jamais permis de construire des sociétés solides et prospères car ces dernières ont besoin d’ouverture et de fraternité.

C’est une constante de l’histoire.

 

En ce jour du 8 mai, je veux saluer nos anciens combattants ainsi que nos soldats qui se battent sous le fleuron français et risquent chaque jour leur vie pour préverser les grands équilibres de la Paix mondiale.

 

Je pense aussi à nos forces de gendarmerie et de police, qui œuvrent en silence pour notre sécurité qui est la condition de nos libertés.

Je pense à Stéphanie Monfermé, qui fut victime il y a 15 jours de la barbarie fanatique alors qu’elle ne faisait que son travail : contribuer à protéger ses concitoyens.

Je pense aussi à son jeune collègue abattu cette semaine dans l’exercice de ses fonctions à Avignon.

 

Car la paix n'est pas seulement un état de fait caractérisant les relations internationales.

Elle symbolise également l'effort permanent que chacun d'entre nous doit perpétuer pour maintenir la cohésion nationale.

 

Hier, il s'agissait de libérer le territoire national : aujourd'hui, il s'agit de conforter notre vivre ensemble, d'asseoir notre cohésion sociale sur les valeurs de la République qui fondent notre identité nationale, celles que la France doit pouvoir continuer à afficher avec fierté dans le concert des nations.

 

La crise sanitaire que nous connaissons depuis plus d’un an maintenant nous a mis à rude épreuve.

 

La peur de la maladie, les difficultés économiques, l’inconnu d’une situation mettant à mal notre organisation sociale, constituent de puissants germes de discorde.

 

Mais nous avons su faire face à cet ennemi invisible. Respect des gestes barrières, des consignes sanitaires, vaccination sont nos armes collectives de résistance pour traverser ensemble cette épreuve.

C’est à ce prix que nous gagnerons la bataille du déconfinement et du retour progressif à une situation apaisée.

 

Les aides financières d’urgence déployées par le gouvernement ont permis de soutenir les secteurs les plus touchés pour éviter l’effondrement de notre économie.

 

Je sais que beaucoup de nos concitoyens connaissent de grandes difficultés et que des secteurs ont considérablement soufferts comme par exemple la restauration pour ne citer que lui avec bien entendu les restaurateurs eux-mêmes mais aussi leurs fournisseurs, et je pense à nos producteurs locaux qui ont en plus été touchés de plein fouet par l’épisode de gel historique récent qui a détruit leur récolte.

 

Mais nous devons avoir confiance en notre capacité de résilience.

 

La phase à venir est celle de la relance et de la reconstruction avec là aussi des aides importantes dans le cadre du Plan de Relance pour bâtir ensemble la France de demain, plus indépendante, plus prospère et attractive, avec une économie plus innovante, écologique et humaine.

 

La France dispose d’atouts et de talents. Je crois à l’énergie et la créativité des françaises et des français. Je crois à notre intelligence collective. 

 

Grâce à la solidarité, et à l’effort de chacune et chacun, nous triompherons et nous reconstruirons ce monde meurtri comme nous avons su le faire au lendemain du 8 mai 1945.

Vive la Paix. Vive la République. Vive la France.


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