Jean-Luc FUGIT
Député du Rhône (11ème circonscription)

Interview "Mieux me connaître"

Quel est votre parcours personnel et professionnel ?

J’ai grandi au sein d’une petite exploitation agricole (18 hectares) dans une commune rurale de l’Aveyron de 250 habitants.

Issu d’un milieu modeste, l’école de la République m’a ouvert la voie d’une carrière universitaire, ayant pu poursuivre mes études grâce au statut d’étudiant boursier. Ingénieur chimiste et docteur en pollution de l’air je me suis engagé sur les questions santé/environnement/développement durable en lien avec mes travaux scientifiques et j’ai occupé pendant de nombreuses années bénévolement un rôle d’expert scientifique et d’administrateur au sein de l’observatoire régional de surveillance de la qualité de l’air (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes). J’ai aussi été le coauteur de 5 BD pédagogiques sur la transition écologique : la science peut être aussi ludique !

J’ai aussi exercé comme enseignant-chercheur au sein de la Communauté d’Universités et Etablissements de Lyon – Saint Etienne, ainsi qu’en tant que Vice-président d’Université en charge du pilotage des politiques orientation, réussite étudiante, insertion professionnelle et entrepreneuriat.

 

Et au-delà de l’aspect professionnel ?

Membre du comité directeur d’un club sportif de Givors, commune où je réside, j’ai aussi été membre d’associations de parents d’élèves du primaire au lycée.

Je suis un féru de sport, notamment de rugby mais j’ai aussi d’autres passions comme la cuisine et le jardinage !

 

Cela vous sert aujourd’hui dans vos fonctions de parlementaire ?

Oui bien sûr l’expérience personnelle nourrit forcément son approche et sa compréhension des choses même s’il faut toujours rester ouvert tout en gardant la capacité à se remettre en question.

Mes origines « campagnardes » sont utiles pour appréhender les problématiques d’une circonscription qui articule l’urbain et le rural.

Mes expériences associatives aussi.  Quand j’échange avec des responsables associatifs il y a certaines situations qui me parlent assez directement car cela fait écho à du vécu.

Quant à mes fonctions universitaires elles m’ont conduit à côtoyer de nombreuses entreprises mais aussi les partenaires sociaux s’occupant d’orientation professionnelle et d’entrepreneuriat. Cela me donne des clefs de compréhension sur ce sujet d’importance qui est celui de la formation et de l’insertion professionnelle des jeunes mais aussi tout au long de la vie professionnelle de chacun.

 

Qu’est ce qui vous a conduit à vous engager dans l’action publique ?

Je suis fan de rugby, un sport qui peut être encore plus que d’autres vous apprend que le collectif est essentiel.

Cela m’a naturellement conduit à m’investir dans des actions associatives.

J’ai aussi le goût de la recherche, de l’élaboration de la connaissance mais aussi de sa transmission aux jeunes générations, ce qui m’a conduit vers l’enseignement.  J’ai aussi de 2008 à 2017 animé bénévolement des conférences grand public sur les thèmes qui me sont chers de la transition écologique.

Transmettre des savoirs, sensibiliser sur les enjeux présents et à venir de la société, c’est s’impliquer dans le jeu collectif, le lien entre les générations, le vivre ensemble.

Ma détermination à vouloir agir en tant qu’élu s’inscrit donc dans la continuité et en cohérence avec mon parcours avec le souhait d’apporter modestement mais avec engagement ma contribution à la vie collective.

 

Votre conception du rôle d’un député ?

Le député c’est un représentant de la Nation mais aussi d’un territoire.

   Comme représentant de la Nation il a un rôle d’élaboration des lois mais aussi de suivi de leur application. En effet voter la loi ne suffit pas, sa mise en œuvre dépend de décrets et différentes mesures d’application.

Il a aussi un rôle de contrôle et d’évaluation de l’action du gouvernement. C’est important de le rappeler. Un parlementaire quand bien même il est membre d’une majorité n’est pas porte-parole du gouvernent ni de l’Etat. Si je soutiens la majorité présidentielle cela ne m’empêche pas d’avoir un regard critique quand je l’estime nécessaire pour signaler ce qui ne me semble pas aller dans la bonne direction et contribuer à le corriger le cas échéant.

   Un député est aussi l’élu d’un territoire. Ma circonscription ici dans le sud du Rhône compte 38 communes et près de 130 000 habitants.  Je me dois d’être à l’écoute et de représenter l’ensemble des citoyens de ce territoire en intégrant leurs attentes dans le cadre de mon travail législatif mais aussi en relayant leurs difficultés ou interrogations auprès du gouvernement et des administrations de l’Etat.

J’échange beaucoup avec les habitants, les associations, les élus locaux, les professionnels de tous secteurs d’activité. Un député est un « citoyen-élu ».

Il est primordial d’être en prise avec la réalité du terrain. L’action publique ne doit pas être hors sol. Elle doit trouver une traduction concrète qui apporte des changements effectifs dans la vie des gens.

C’est bien là l’objectif de tout engagement public !

 

Pour autant est-ce possible de satisfaire tout le monde ?

Je m’attache dans mes fonctions à avoir un discours intellectuellement honnête et politiquement responsable. Déformation professionnelle oblige j’aime la rigueur scientifique sans pour autant avoir la science infuse ! Je travaille mes dossiers, et quand je ne sais pas je le dis et me renseigne. L’engagement et le travail n’interdisent pas la sincérité !

Les discours grandiloquents, les effets de manche et les postures politiciennes sont une solution de facilité à laquelle je me refuse. Ce n’est pas respectueux des citoyens et pas à la hauteur de ce que chacun est en droit d’attendre du débat public qui a besoin d’intégrité, de cohérence et d’une certaine constance dans les prises de position des uns et des autres.

 

Le volontarisme n’interdit-il pas la recherche de consensus ?

L’action publique doit se faire selon moi à la fois dans le volontarisme et la recherche de compromis. Le compromis ce n’est pas la compromission ! Il n’affaiblit pas, il est le passage indispensable pour des avancées. La société est composée d’opinions différentes. Cette diversité est une richesse et les opinions de chacun doivent être respectés. La démocratie par définition a besoin d’altérité. Pour autant elle n’interdit pas de rassembler et de trouver des points de convergences, fort heureusement.

Il faut être fidèle à ses convictions mais on n’est pas obligé d’être toujours dans la critique. Il faut savoir écouter, entendre, regarder ce qui marche et vouloir l’adapter au bénéfice du plus grand nombre. 

J’assume toujours mes prises de position et la complexité des sujets en essayant de faire montre de pédagogie.

C’est l’exigence qui conduit mon action avec humilité et détermination.

 

Quels sont les grandes finalités qui guident votre action ?

En trois mots : le progrès, la justice et la solidarité.

J’aspire à une société qui protège et une société de l’égalité des chances. La société doit corriger les inégalités de destin, lever les carcans, favoriser l’émancipation, permettre et encourager l’initiative. La solidarité c’est aider chacun à exprimer son potentiel mais aussi soutenir dans la difficulté. Une société pour être forte et prospère ne doit laisser personne sur le bord du chemin.

Le progressisme en politique, c’est pour moi la volonté d’instaurer le progrès social par des réformes, sans nuire à la liberté d’entreprendre qui doit aussi se conjuguer avec transition écologique.

Le 21ème siècle est celui des révolutions technologiques et des défis écologiques. Dans le nouveau modèle de croissance que je souhaite ECONOMIE et ECOLOGIE ne s’opposent pas ! L’Ecologie de demain c’est aussi une partie de l’économie et des emplois de demain !

 

Mais le système économique que nous connaissons le permet-il ?

On ne partage que ce que l’on gagne ! Il ne peut y avoir de solidarité par la redistribution sans création de valeur par l’activité économique. Mais je le précise, une économie au service de l’humain, pas le contraire.

Il y a deux points majeurs à mes yeux : favoriser les possibilités d’émancipation de chacun et réduire l’impact environnemental de l’ensemble de nos activités.

Chacun a du potentiel et des possibles à exprimer, mais parfois la situation économique (le chômage de masse…), une santé fragile, une mobilité délicate (…) peuvent être des « freins » dont l’individu n’est pas maître !

Le « combat » du progressisme est là : s’attaquer à ces freins, « lever » les obstacles, protéger les plus modestes, soutenir et accompagner lors des accidents de la vie, élargir les possibles de chacun, favoriser l’esprit d’entreprendre.

 

Quel bilan tirez-vous de votre mandat à ce stade ?

Investi à 100% sur ma mission de député j’ai le sentiment d’être utile pour mes concitoyens que j’ai l’honneur de représenter à l’Assemblée Nationale avec des réformes que j’estime significatives sous ce quinquennat même s’il reste beaucoup à faire.

Je ne vous apprends rien en disant qu’il y a un cumul de crises assez inédit : sanitaire, économique, sociale, et écologique.  S’il y avait déjà des problématiques économiques et sociales importantes avant l’épidémie de COVID 19, cette dernière les a démultipliées de manière extraordinaire.

C’est une période difficile mais qui peut permettre des évolutions positives à terme. C’est notamment la volonté du le plan de relance que je préfère appeler plan de relance et de transition car il est l’opportunité de réorienter notre façon de produire, de consommer, de se nourrir, de se déplacer...

 

La crise sanitaire n’a-t-elle pas éclipsé les réformes ?

Si la crise sanitaire a effectivement bousculé les choses – mais la vie c’est aussi des imprévus auxquels il faut faire face –  il y a eu l’adoption de mesures à l’échelle nationale  auxquelles je suis fier d’avoir participé même si je ne vais pas ici toutes les citer : dédoublement des classes de CP et CE1 pour 320 000 enfants chaque année et 46 nouvelles cités éducatives en 2021 dont une pour Givors /Grigny ; réforme de l’apprentissage et de l’alternance qui bénéficie d’investissements massifs avec 500 000 apprentis en 2020 ; prise en charge totale des lunettes, des prothèses auditives et visuelles ; revalorisation de la rémunération des soignants suite au Ségur de la santé ; augmentation de l’allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse ; doublement du congé paternité ; prise en charge à 100%, des lunettes, des prothèses dentaires et auditives ; recrutement de 10 000 policiers et gendarmes (dont 13 supplémentaires pour le commissariat de Givors), réorganisation de nos services de renseignement et lutte frontale contre le séparatisme islamiste ; possibilité pour les CAF de prélever directement une pension due sur le compte d’un conjoint séparé mauvais payeur ; fermeture des centrales à charbon, loir anti gaspillage avec l’interdiction de nombreux plastiques à usage unique ; prime Eco Renov pour tous les propriétaires ;  ou encore l’investissement de 30 milliards d’euros pour la transition écologique.

J’ai aussi été coauteur d’un rapport sur la production d’énergie renouvelable dans le cadre de l’activité agricole et rapporteur de la Loi d’Orientation des Mobilités : des sujets qui me mobilisent fortement en lien avec les acteurs du territoire de ma circonscription par exemple avec l’abandon du projet de l’autoroute A45 et des alternatives que nous devons mettre en œuvre pour améliorer les liaisons entre St Etienne et Lyon.

Et puis il y a toute l’action locale en soutien des acteurs du territoire – habitants, élus, associations, artisans, entreprises – qui nourrit mon travail de législateur et me permet de les épauler, parfois avec succès, dans les difficultés qu’ils peuvent rencontrer ou pour appuyer leurs projets.

 

Et le Conseil National de l’Air que vous présidez que fait-il exactement ?

Il s’agit de l’instance nationale consultative associant les parties prenantes (associations environnementales, collectivités territoriales, professionnels, syndicats…) qui traite spécifiquement des questions relatives à la qualité de l’air intérieur et extérieur. Il fait des propositions pour améliorer la qualité de l’air que nous respirons en agissant au niveau de nos modes de transports, des procédés industriels ou agricoles, ou encore la conception de nos logements.

 

Pour conclure diriez-vous que vous êtes un député satisfait ?

Il ne s’agit pas d’être dans le satisfecit mais j’ai le sentiment d’être utile tant à l’échelle locale que nationale.

Mais je ne dirais pas que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Notre société a de nombreux défis à relever notamment avec la crise sanitaire et les difficultés économiques et sociales auxquelles il faudra apporter des réponses concrètes, mais je ne me laisse pas décourager par les difficultés. Au contraire cela ne fait que renforcer ma détermination à poursuivre mon engagement de député à temps plein au service de mes concitoyens, tout simplement car je crois en ce pays et dans la capacité collective des français et des françaises à faire face aux défis de notre époque.  

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